Je reprends ici un texte publié par à l'initiative de journalistes et de parlementaires Européens le 3 février 2006 :
Denis Robert : l’inculpation de trop.
Il
s’est passé le 27 janvier 2006 un événement important rapporté ici ou
là par une brève d’agence : l’inculpation de Denis Robert par la
justice luxembourgeoise pour injure, calomnie et diffamation.
Pour comprendre l’enjeu de cet acte, il faut faire un peu d’histoire.
En 1996, Denis Robert, ancien journaliste à Libération, réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève
en faveur d’un espace judicaire européen. Dans la foulée, de nombreux
témoins de la criminalité en col blanc entrent en contact avec le
journaliste. L’un d’eux, Ernest Backes, est un ancien dirigeant de la
chambre de compensation Clearstream, un des points névralgiques des
échanges financiers mondiaux. Ernest Backes a été l’un des architectes
de ce système informatique tentaculaire. Viré, humilié, il a décidé de
livrer ses secrets.
Pendant deux ans, au prix d’incessants
allers et retours au Luxembourg, Denis Robert mène l’enquête. On lui
donne des rendez-vous secrets ; les bouches s’ouvrent. Un ancien
responsable informatique de la firme, Régis Hempel, explique qu’une
partie de ses activités auraient consisté à effacer les traces de
transactions sensibles. Denis Robert frappe à la porte des banquiers,
posant des questions naïves et d’autres un peu moins. Trois mois avant
la publication de son livre, il envoie une série de lettres
recommandées de plusieurs pages, demandant des explications à la
direction de Clearstream et aux banques mises en cause. Très peu lui
répondent.
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