Le livre de Naomi Klein « no logo » mettait en évidence la dictature des marques : le jeu des marques a été d’enfermer le consommateur dans des choix limités, sans lui laisser d’autres alternatives.
Le verrouillage se faisait sur l’argent : il suffisait à Coca Cola, Nike et autres Bush d’acheter des écrans de publicité pour occuper l’espace mental des consommateurs (électeurs)…
Si l’on admet qu’Internet est l’espace médiatique de demain, ce sont de nouvelles pratiques commerciales (et démocratiques) qui vont apparaître. Sur Internet les chaînes sont en nombre quasi infini et d’un coût de diffusion quasi nul. Cela révolutionne le discours publicitaire car cet espace est impossible à coloniser.
Grâce à Internet, les consommateurs (et les citoyens) s’émancipent. A l’image des femmes modernes ils ne veulent plus des gros machos, ils veulent des discours courtois, d’égal à égal.
Je ne pense pas qu’il y ait dans cette défiance une remise en question de l’économie de marché. Le marché, c’est comme la religion : ce n’est pas le marché qui est le problème mais ceux qui parlent en son nom. Peut être que l’on s’apercevra dans quelques temps que nous ne vivions pas dans une vraie économie de marché (on pourra dire la même chose de la démocratie).
Il sera difficile aux vieux logos (Sarkozy, Nike et autres Figaro) de se réinventer sur Internet.
Alors place aux nouveaux logos …
PS : Sur ces sujets allez faire un tour chez MEDIA CAFE (découvert grace à Stéphane)
je crois que personne de sérieux ne prétendait qu'il s'agissait d'économies de marché parfaites, puisqu'on chargeait la loi et l'Etat de veiller à ce qu'elle ne deviennent pas trop dysfonctionnelles (lois anti-trust aux Etats-Unis, commission de la concurrence à Bruxelles, inscription des principes de "concurrence libre et non faussée" dans une constitution mort-née etc.)
à vrai dire la France s'est distinguée des pays anglo-saxons en avalisant, voire encourageant, la constitution de trusts et le refus de la concurrence. historiquement même notre comptabilité a été conçue de manière à éviter que les entreprises ne se fassent concurrence. ce système a eu son cheminement et ses compromis, puisque notre constitution pose encore que les monopoles doivent être nationalisés.
il explique aussi pourquoi le capitalisme a nettement plus mauvaise presse en France qu'ailleurs et pourquoi plaquer des raisonnements exogènes passe si mal dans l'opinion.
la France avait développé quantité d'autres mécanismes permettant à son capitalisme très corporatiste d'être toléré par l'essentiel de son corps social. tout ceci s'est progressivement déglingué. la perspective de marchés plus parfaits que promet Internet (et réalise déjà en partie) rend probablement tout ceci obsolète.
ceci dit nous n'en serons sûrs que lorsque tout ceux qui essayent de trouver un point de contrôle au net auront abandonné. contrairement à ce que l'on croit souvent, j'ai lu Bill Gates il y a des années affirmer que les tentatives d'exercer ce contrôle sont vouées à l'échec. je suppose que, venant d'un spécialiste des monopoles, c'est un argument de poids. windows est probablement un monopole naturel, et le net un anti-monopole naturel ;-)
Rédigé par: lionel | 18 octobre 2005 à 13:16