Démocratie 2.0 : préambule
Alors qu’en 1995 Chirac se faisait élire sur le thème de la « fracture sociale », 10 ans plus tard le discours politique (français) s’est radicalisé.
Sarkozy, Bayrou parlent aujourd’hui de rupture (1).
Rupture ? Mais de quelle rupture s’agit t’il ?
Période révolutionnaire ?
Serge July signait un éditorial qualifiant le NON au référendum d’« émeute dans les urnes ». Je pense que l’image est vraie, car dans notre démocratie médiatique, les mouvements de foules ne s’observent plus dans la rue.
Ce vote est bien l'évidence d'une rupture sociale, d'un décrochage profond de l'aristocratie (médiatique, économique et politique) avec la majorité.
Un dossier récent de Mariane s’intitulait « on achève bien les classes moyennes » (2). L’inquiétude et la souffrance sociale touche aujourd’hui les classes moyennes :
"Dans "On achève bien les chevaux", le film de Sydney Pollack (1969), adapté du chef-d'œuvre d'Horace McCoy, Robert et Gloria participaient, six jours d'affilée, à l'un de ces terribles marathons de danse pour décrocher, au bout de la douleur, la prime promise aux vainqueurs. C'était en Californie, en 1931, au cœur de la Grande Dépression... Heureusement, les classes moyennes françaises n'en sont pas là ! Mais commerçants, cadres, fonctionnaires... ils sont nombreux à souffrir de la politique économique menée depuis plus de vingt ans en France. Ils se serrent la ceinture, peinent parfois à joindre les deux bouts et, en plus, personne ne songe à les en plaindre. La plupart ont un travail, pourquoi protesteraient-ils ? Oui, mais..."
...
"Les vraies ruptures viennent toujours de la fraction inférieure de la bourgeoisie, analyse Emmanuel Todd, auteur de la Chute finale. Pas du prolétariat ni des classes populaires. Le vote du 29 mai dernier ne s'explique que par le basculement d'une partie des classes moyennes inférieures dans la contestation"
Pour aller plus loin je pense que ce n'est pas seulement la classe moyenne laborieuse qui se détache. Une nouvelle fracture générationelle semble se dessiner.
Un sondage Sofres "sortie des urnes" me semble éloquent. Ont voté non :
- 18 24 ans : 59 %
- 25 - 34 ans : 59 %
- 35 - 49 ans : 65 %
- 50 - 64 ans : 55 %
- 65 ans et plus : 37 %
Les trentenaires sortant des meilleurs écoles, les fils de cette petite bourgeoisie décrochent eux aussi petit à petit du système : pour la plupart ils ne révent plus de s’acheter un pavillon en banlieu, un 4x4, un chien et d’avoir une bonne retraite. De toute façon à part le chien ils savent que tout cela leur sera refusé.
A suivre : Les révolutionnaires sont sur internet
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Démocratie 2.0 ?
Le terme « d’Internet 2.0 » (3) qualifie aujourd’hui la nouvelle économie. Le terme de Démocratie 2.0 qualifie la « révolution politique » qui me semble accompagner la révolution technologique en cours. Je pense que le phénomène du blog est à la fois le révélateur et l’instrument de cette révolution (des idées).
Démocratie 2.0 c’est aussi le nom du « logiciel » démocratique qu’il faudra bien inventer tant celui que nous utilisons semble ne plus fonctionner : les « plantages » sont de plus en plus fréquent et les correctif successifs semblent inefficaces.
Je ne suis ni révolutionnaire, ni animé d’une ambition politique ou intellectuelle. Je suis simplement un jeune papa qui se demande de quoi l’avenir de sa petite fille sera fait. J’ai simple l’envie de partager ces idées tant je pense que nous sommes beaucoup à interroger l’avenir …
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(1) Voir : http://blogs.lesechos.fr/article.php?id_article=25
(2) Voir : http://www.projetsocialiste.fr/forum/message/7250/
(3) Voir : http://www.liberation.fr/page.php?Article=321486
Quand j'entends Jean-François Copé ministre du budget parlait de classe moyenne pour ceux qui gagnent entre 1000 et 3000 euros, je me pince. En tout cas l'opération Séduction pour 2007 vis à vis de celles-ci a commencé ...
Rédigé par: Sylvain | 19 septembre 2005 at 22:57