Avec ce débat sur l’Europe ne voit pas apparaître une fracture générationnelle, une rupture de modèle ?
Jacques Delors, Simone Veil, Lionel Jospin, Daniel Cohn Bendit sortent de leur réserve pour défendre le OUI, comme des fantômes se préparant pour leur dernier combat. Peut être sentent t’ils que c’est leur héritage que l’on juge ?
Ils défendent une constitution prévue pour durer 50 ans, mais dans 50 ans à quoi ressemblera l’Europe, le monde dans lequel nous vivons ?
Le monde qu’ils nous lèguent s’est construit sur la sur-consommation : il faut acheter une voiture, voir deux pour (être heureux) assurer la prospérité de Renault, du pays. Endettez vous qu’ils nous disent …sinon nous coulons. Tout le monde voit bien que cela ne tient plus, que le modèle économique sur lequel nous vivons est allé au bout de sa logique.
Ils nous font croire que l’Europe Puissance, unie, nous permettrait de parler d’une même voix forte face à la Chine ou aux USA. Je crois plus à une France et une Allemagne qui ont un modèle social à défendre se rapprochant, que d’une cacophonie politique à 27.
Que ce soit OUI ou NON il faudra bien commencer à parler du monde d’après (*)
MAJ : (Merci à Joël : www.perino.net ) analyse des votes en espagne sur le référendum. Le vote du NON est plus fort chez les jeunes.
J'ai de plus en plus l'impression que le OUI est le vote de ceux qui veulent préserver le système : les jeunes n'y croient pas.
__________________________________________
(*) lire à ce sujet le post de Pierre Bilger parlant de Jeremy Rifkin et citant son ouvrage "La fin du Travail" ...

Décidément, je ne comprends pas tes arguments concernant l'Europe :
[[ Ils défendent une constitution prévue pour durer 50 ans, mais dans 50 ans à quoi ressemblera l’Europe, le monde dans lequel nous vivons ? ]]
Quand tu crées une boîte, en général, dans les statuts, tu prévoies que la boîte va durer 99 ans. Est-ce que ça veut dire que la boîte sera figée et n'évoluera jamais ? Encore heureux qu'une constitution ne soit pas prévue pour changer tous les 4 matins.
[[ Le monde qu’ils nous lèguent s’est construit sur la sur-consommation ]]
On peut considérer que ce sont les effets pervers du capitalisme. Mais, que proposes-tu de meilleur ? (je parle d'un nouveau système économique, pas d'utopies ou de comportements économiques personnels)
Rédigé par: Lightman | 30 avril 2005 at 13:52
> Au contraire de Lightman, je pense que c'est dès aujourd'hui qu'il faut influer fortement sur l'avenir même si cela paraît lointain. Une sauvegarde des emplois, de certains acquis sociaux et d'un evironnement sain me semblent un minimum à transmettre à nos descendants immédiats pour qu'ils puissent exister en toute dignité. Si on leur sauve cela, nous espèrons qu'ils seront s'en souvenir et colporteront ce réflexe pour les générations qui suivent. Par contre, si on leur laisse un monde de vautours sans foi ni loi, rien n'est assuré et il est impossible de prévoir quels seront leurs réflexes et leurs attitudes devant cette situation mal héritée et mal vécue !
En ce qui concerne la société de consommation débridée porteuse de bonheur. Elle a permis sans conteste d'augmenter le niveau de vie des pays de l'Europe de l'Ouest depuis la dernière guerre mondiale. Cela est facile à démontrer en se comparant avec les autres pays ayant vécu longtemps à l'ombre du rideau de fer et que nous héritons aujourd'hui. Par contre, ce comportement à certainement une limite que les Américains et même les Anglais n'envisagent un instant. Le système français actuel est une économie dite mixte qui n'est pas une merveille mais qui a su élever le niveau de vie tout en préservant une protection sociale couteuse mais nécessaire. Doit-on casser ce principe au nom du libéralisme sans limite qui crée bien sûr des emplois mais dans des conditions très précaires et surtout d'une manière fugitive et discontinue. Pourquoi les Français ont dû batailler si dûr durant des dizaines d'années pour obtenir des acquis fondamentaux et soudain les balayer d'un revers de la main au nom d'une union sacrée, source inévitable d'un nivellement pas le bas des principes qui régissent la condition humaine.
Pourquoi un nivellement pas le bas ? Parce que nous allons mettre en oeuvre une cacophonie à 27 où les conditions de vie, les réglements fiscaux et sociaux ne sont pas les mêmes. Et l'Europe n'envisage pas d'unifier ces principes de base pour vivre en parfaite communauté sans concurence déloyale et faussée. Voilà une règle fondamentale que met en avant cette constitution et qui
d'entrée de jeu n'est pas respectée. Alors que tous les éléphants bancals ou séniles, idolatrés ou pas de la politique françaises sortent de la jungle qu'ils ont largement fait foisonner, pour nous proposer ou rappeler une vieille rengaine sans consistence, cela ne doit en aucune façon troubler tout être normalement constitué qui a le souvenir des efforts consentis et qui a la foi en notre jeunesse porteuse d'avenir dans la parfaite continuité de leurs géniteurs.
Rédigé par: gerard | 01 mai 2005 at 00:47
> lightman
Nous allons devoir changer nos habitudes de manière importantes dans les prochaines années :
- la fin du travail pourt tous
- la fin du pétrole bon marché
Tout cela n'est pas une utopie, c'est déjà là, en France en Allemagne.
Les modèles du plein emploi et de la consommation qui tire l'économie sont effectivement à bout de souffle et cette constitution fige l'Europe dans des pratique économiques qui semblent dépassées ou plutôt qui ne redistribuent qu'a une frange plus réduite de la polulation : même les classes moyennes sentent leur pouvoir d'achat diminuer.
> Ce que je propose ?
Dire qu'il n'y pas d'autre solution que cette constitution ne me satisfait pas. Il y a certainement à mettre en place une meilleure répartition des richesses.
Parmi les pistes envisagées par Rifkin : développer le secteur associatif et faire des économies dans les budget de l'armée ...
> PS dans un sondage récent, on voyait les plus de 60 majoritairement pour le OUI et les moins de 25 favorables au NON.
Rédigé par: ~laurent | 01 mai 2005 at 07:24
Il y a sans doute un vote plus négatif chez les jeunes mais je ne crois pas que cela soit significatif au point de parler de fracture.
Je pense même que la frange non-extrèmiste qui peut faire la différence en faveur du non se retrouve plus dans la tranche d'âge des 50+.
Par curiosité voir les résultats issus des urnes... espagnoles:
http://europa.eu.int/comm/public_opinion/flash/fl_168_fr.pdf
Ces jours, je constate autour de moi un changement du non au oui que semble confirmer les nouveaux sondages (ou vice-versa). Il faut dire que mes copains (et moi) commencent à être du mauvais côté de la tranche d'âge :-) et que le battage médiatique en faveur du oui devient à la fois assourdissant et plus subtil dans ses arguments, témoin ce matin le tapage autour de la croissance économique de la Pologne et autres pays de l'est...
La croissance, ou ses limites, c'est justement le problème et à moyen terme ce ne sera pas uniquement un problème de riches. Il faut construire une société sur d'autres bases si on veut un avenir pour la planète vers la fin de ce siècle.
Rédigé par: Joël | 01 mai 2005 at 10:25
Pourquoi toujours séparer les gens quand il est plutôt question de tenter d'apprendre à vivre ensemble?
Mette aujourd'hui les jeunes versus les vieux, n'est-ce pas confronter demain les riches versus les pauvres, les employés versus les chomeurs, le privé contre le public, les français de souche contre les immigrés, etc?
Je te connais assez pour savoir que ce n'est pas du tout ton intention, mais prends bien garde aux amalgames qui, inévitablement vont se créer.
L'argument de la fracture générationnelle me semble proche de la manip', d'autant plus réductrice dans le cas présent que les sondages montrent au contraire une plus grande identité européenne, un plus grand désir d'Europe chez les jeunes que chez les vieux.
Même si ceux-ci ont encore en mémoire les terribles guerres qui n'ont cessé de déchirer les actuels membres de l'UE, ils seraient les plus à même de préférer le statu quo au traité de Nice qu'apporterait un Non, que l'avancée (dans le sens antistagnation) qu'amènera le oui.
Et puis, la frilosité n'est pas une question d'âge, c'est pourquoi les jeunes devraient s'adapter plus facilement à une Europe en mutation.
Ils sont peut-être par contre plus crédules devant les promoteurs du "dire non, c'est avancer".
Le non ne gênra pas le pouvoir en place, c'est certain.
bises à toi.
Rédigé par: leblase | 01 mai 2005 at 13:22
Salut ... et content de te voir passer :-)
Je voulais simplement noter ce qui me semble une anomalie car je croie aussi que les jeunes devraient être le plus fortement pour l'Europe (c'est peut être ce que croyait Chirac ?). J'y vois simplement l'illustration d'une rupture de modèle, qui se lit dans cette fracture générationelle :
- Les plus anciens (et les gens installé dans le système) se battent pour maintenir leur retraites et leurs aventages acquis : ils ne vont pas changer de modèle alors qu'ils en profitent.
- Les jeunes (et ceux qui se sentent exclus) n'ont rien a perdre et en conscience vont plutôt voter non.
Rédigé par: ~laurent | 01 mai 2005 at 14:15
Tout ça est fort simple, il n'y a que les jeunes pour croire qu'on peut changer le monde, mater la Chine, planter la tête de Bush sur un pique et que le Rock'n'Roll va enterrer les bourgeois :)
Rédigé par: Conrad | 01 mai 2005 at 17:31
jeremy rifkin défend sans ambiguité le oui pour le referendum .
Le non se dégonfle ,ses arguments a part de critiquer le traité ,ne permettent en rien de construire ,Dsk a un site très bien fait sur le oui et les mensonges du non .
Ne confions pas l'avenir aux jeunes car ils n'ont pas de mémoire .par contre associons les pour le construire sinon il nous font le mépris générationnel ,rienn de neuf quoi .Mais je les aime car c'est eux qui vont vieillir demain.!
Rédigé par: alain | 01 mai 2005 at 18:01
Alain,
Toujours le mot pour rire "Ne confions pas l'avenir aux jeunes car ils n'ont pas de mémoire." Fallait l'oser celle-là!
Si le non se dégonfle c'est parce qu'on nous fout la trouille mais rien n'est joué.
Rédigé par: Joël | 01 mai 2005 at 20:38
Laurent, au contraire de ce que tu dis, la constitution induit un changement et c'est le "non" qui fait rester dans ce qui est déjà comme ça...sans aucune évolution.
Ce n'est pas parce que un peu plus de 50% des jeunes pensent plutot que "non" que tout l'électorat jeune va voter "non", et heureusement, je n'aime pas cette façon de généraliser et d'extrapoler à toute une population une tendance issue de sondages.
Plutot que de parler des sondages, il faut parler de la constitution, continuer à l'expliquer et à dire les avancées qu'elle apporte.
C'est en médisant dessus et en restant floue que le "non" monte et c'est en la faisant comprendre qu'elle sera acceptée.
Rédigé par: Antoine | 02 mai 2005 at 13:20
Oui, que l'on explique les avancées qu'apporte cette constitution, très bien, mais faut aussi nous dire comment elle met entrâve aux profonds travers du traité en place. Et çelà, tout partisan endoctriné par les fanatiques du OUI ne nous l'explique surtout pas sous le couvert d'une idéologie aveugle qui a fait déjà trop de ravage. Exemples de ce lundi 2 mai, les transports Dentresangle,les épuisettes Rouvier et les propos de J.Chirac vis à vis de la culture. Cette dernière peut faire exception à la règle mais pas les délocalisations sauvages et les importations à bas prix. Chercher l'erreur ! Aujourd'hui s'importent en France dès produits dont l'origine n'est pas mentionnée, je croyais que c'était une règle fondamentale du commerce ?
Ce que veulent certains partisans du NON? c'est une "Concurrence Non Faussée" par des faibles coûts de la main d'oeuvre, de la fiscalité et des charges sociales. Que nos responsables politiques montrent des avancées dans ce sens avant un mois. ça urge maintenant.
En ce qui concerne le sujet de ce topic, les conflits de génération, construits autour de sondages, il ne faut surtout pas qu'ils existent car tout notre système est basé sur le principe de la solidarité entre générations (reversion et non capitalisation). La jeunesse est surtout désabusée par rapport à ce que la société française leur propose aujourd'hui et seuls les plus courageux et pugnaces résistent. Quant aux séniors, il serait dangereux qu'ils pensent que le OUI ne va rien changer au système actuel pour eux. Si la jeunesse ne peut plus survenir à ses propres besoins, elle pourra venir encore moins en aide à ceux qui en sont dépendants même si c'est une règle séculaire !
Rédigé par: gerard | 02 mai 2005 at 14:12
> Antoine
Tu as raison sur le fait que le NON n'apporte rien avec lui, si ce n'est une crise potentielle.
Je pense personnellement que nous sommes déjà dans une crise (économique et de modèle de société) et qu'aprouver ce traité ne la résoudra pas. Ce traité aura plutôt pour conséquence de figer une mode de fonctionnement à 27 qui (c'est mon impression) sera ingérable et inadapté.
Le sujet de ce post est d'essayer de creuser une intuition sur cette crise que je sents, qui semble plus fortement présente chez les jeunes.
A quoi ressemblera la France et l'Europe dans 10 ans, 20 ans ? c'est la question que se posent les plus jeunes. A priori ils ne trouvent pas la réponse dans ce traité ou au près de ceux qui défendent le traité. C'est peut être pour cela qu'ils votent NON.
Rédigé par: ~laurent | 02 mai 2005 at 15:33
>Antoine
Arrête de jouer sur les mots et répond aux questions posées s'il te plait. On sait que dire NON est un frein mais parfois il est salutaire pour remettre les idées en place et arrêter la démagogie, la mégalomanie et l'irresponsabilité.
Explique-nous comment cette constitution va enrayer significativement les travers du traité de Nice en place par la construction d'un assemblage artificiel et suréaliste de cultures et de société propres à deux blocs encore adversaires idéologiquement hier ! On ne veut pas de barratin mais des exemples étayés et compréhensibles pour répondre à la question fondamentale posée par Laurent, Qu'est-ce que sera l'Europe dans cinquante ans au rythme où l'on va actuellement si le OUI l'emporte ? Ce n'est pas la peine de nous prétendre que ce qui ne rapporte pas tel le textile doit être brader sans vergogne car tu est incapable d'en fixer les limites à ce jour. La jeunesse a le droit légitime de se poser la question et il lui faut une réponse juste et non faussée. Une jeunesse qui ne croit pas à son destin signifie la fin inévitable d'une civilisation ! Cela ne serait pas la première mais nos beaux parleurs et rêveurs auraient vraiment réussi leur coup vis à vis de notre vieux continent.
Rédigé par: gerard | 02 mai 2005 at 21:36
Gerard, l'Europe dans 50 ans, je ne peux pas la voir encore, c'est vraiment loin, l'Union Européenne a tout juste 50 ans (à 2 ans près), donc c'est trop difficile, je peux néanmoins essayer de l'imaginer à partir de plusieurs pistes.
A l'époque, en 1957, je pense que presque personne ne pensait que la Pologne ferait partir l'Union Européenne alors que le pacte de Varsovie était encore tout jeune.
On voit donc que beaucoup de choses ont changé, dans le bon sens, ce qui nous permet d'être très optimiste.
Quant à l'élargissement de l'Europe, je vois 3 grandes possibilités :
- arrêter l'élargissement aux pays dont la religion principale est issue du christianisme. C'est à dire à terme, intégrer l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, les Balkans (La Bosnie à moitié musulmane ne semble faire peur à personne), voire peut-être la Russie... Dans ce cas, on reste attaché à une religion comme certains le préconisent.
- pousser l'agrandissement à la Turquie en plus qui serait le seul pays à avoir un territoire en Europe sans faire partie de l'UE. Dans ce cas, on s'ouvre sur un pays laique mais dont la religion principale est une autre.
- pousser l'agrandissement encore plus loin et intégrer les pays de la méditerranée, voire même la Géorgie, l'Arménie. Dans ce cas, l'Union Européenne sera européenne par le modèle qu'elle défend. Le modèle d'un "label" qui dit respecter des valeurs morales et les pays respectant cela pourront l'intégrer, même ceux hors d'Europe, pourvu tout de même qu'ils soient dans une périphérie proche.
Dans cette Europe là, la France ne sera pas noyée de par son histoire, son rôle de pays fondateur, de pays moteur de l'Europe, et le coeur de l'Europe restera entre la France et ses pays limitrophes. D'ailleurs, la seule langue parlée dans les 3 villes des institutions européennes : Strasbourg, Luxembourg et Bruxelles, c'est bien le français !!!
Je ne sais pas lequel sera le bon, mais je pense que ce sera un de ces 3 là, et je ne sais pas lequel je soutiendrai.
Pour ce qui est des jeunes qui ne croient pas à l'avenir, je pense que c'est faux vu que je suis jeune moi-même... :-)
Rédigé par: Antoine | 03 mai 2005 at 18:38
> Antoine
Je suis tout a fait pour pousser cet élargissement.
Ce qui me gène dans ce traité c'est cette volonté centralisatrice : avoir une vision commune à 27 en 400 points.
Définissons une cadre simple de valeurs et de règles communes, une constitution simple (le label Europe) et laissons les coopérations renforcées se faire : entre la France et l'Allemagne, La France et le Maroc, entre qui veut bien coopérer.
Il faut laisser de la souplesse au réseau pour s'organiser. Le modèle jacobin avec un organe centrale ne me semble plus addapté à l'époque.
PS : les jeunes croient en l'avenir, pas celui qui leur est vendu par notre classe dirigeante actuelle.
Rédigé par: ~laurent | 03 mai 2005 at 20:16
Laurent,
On ne peut pas vraiment parler d'un modèle Jacobin en parlant de cette constitution. Il faut laisser cet argument aux anglais. La longueur du texte et la multiplication des précautions est très malhabile mais n'en fait pas un texte hyper-contraignant (centralisateur). J'y vois juste une belle mine d'or pour les avocats qui rêve d'une judiciarisation (quel mot!) qui leur assurera un bel avenir. J'aime aussi peu les avocats que les douaniers.
J'avoue que personellement je suis pour une charte encore plus fédérante (si le mot existe, décidement) mais avec moins de pays. Il me semble que vouloir faire une Europe à 27, avec des pays qui sortent d'un régime sclèrosant en moins 50 ans, c'est assez casse-gueule.
Je ne suis pas sûr que la marche forcée soit une bonne solution, il est à noter que ceci est plutôt un argument de vieux :-)
Avez-vous entendu Geremek, Bronislaw un ex premier ministre polonais se présenter comme le plombier polonais. C'est le meilleur défenseur du oui que j'ai entendu. Zut, je parle en bien d'un partisan du oui. Tant pis! Je l'aime bien le libre penseur Bronislaw, rien à voir avec la grenouille de bénitier Walesa et l'idolâtre Wojtyla...
Rédigé par: Joël | 03 mai 2005 at 21:37
Laurent,
On ne peut pas vraiment parler d'un modèle Jacobin en parlant de cette constitution. Il faut laisser cet argument aux anglais. La longueur du texte et la multiplication des précautions est très malhabile mais n'en fait pas un texte hyper-contraignant (centralisateur). J'y vois juste une belle mine d'or pour les avocats qui rêve d'une judiciarisation (quel mot!) qui leur assurera un bel avenir. J'aime aussi peu les avocats que les douaniers.
J'avoue que personellement je suis pour une charte encore plus fédérante (si le mot existe, décidement) mais avec moins de pays. Il me semble que vouloir faire une Europe à 27, avec des pays qui sortent d'un régime sclèrosant en moins 50 ans, c'est assez casse-gueule.
Je ne suis pas sûr que la marche forcée soit une bonne solution, il est à noter que ceci est plutôt un argument de vieux :-)
Avez-vous entendu Geremek, Bronislaw un ex premier ministre polonais se présenter comme le plombier polonais. C'est le meilleur défenseur du oui que j'ai entendu. Zut, je parle en bien d'un partisan du oui. Tant pis! Je l'aime bien le libre penseur Bronislaw, rien à voir avec la grenouille de bénitier Walesa et l'idolâtre Wojtyla...
Rédigé par: Joël | 03 mai 2005 at 21:40
> Antoine.
Comme d'habitude, tu ne réponds qu'à la moitié de la question posée. Mais c'est l'artifice utilisé par les partisans du OUI qui ne mettent qu'en avant les côtés positifs des choses en pensant béatement que les grandes difficultés partiront naturellement à la force du temps ou avec l'oubli. Jacques Chirac en a bafouillé hier son français lorsqu'un journaliste lui a posé la question sur les importations massives de marchandises manufacturées en provenance de la Chine. Il a dû avouer qu'il ne saurait rien faire présentement car, sous-entendu, il est pieds et mains liés d'abord avec ses partenaires Européens et ensuite avec l'OMC.
Je réitère la question émise initialement par Laurent pour les lecteurs de ce blogue puisse apprécier comment un partisan farouche du OUI imagine l'avenir. Il était demandé d'envisager ce que serait l'Europe dans cinquante ans si le OUI l'emportait. Il ne s'agit pas de se transformer en devin mais uniquement d'être persuasif vis à vis d'une situation future compte tenu des idées que l'on veut véhiculer aujourd'hui auprès des autres. L'élargisssemnet sans limite entre les pays européens, peu de monde bien sûr peut être contre le développement de l'amitié et de l'entente cordial ! Mais les autres aspects fondamentaux qui régissent étroitement ces ententes comme les règles économiques, de vie sociale, d'humanité, de justice ou de culture doivent être également abordés sans détour et avec beaucoup de conviction. Malheureusement il est vraiment très difficile d'avoir une réponse synthétique, claire et commune émmergente des emballés du OUI sur l'avenir autre que des développements superficiels. Même nos dirigeants politiques actuels pourfondeurs sans relâche du scepticisme, du conservatisme, du souverainisme, de l'extrêmisme, du réalisme et d'autres choses ne savent pas qu'elle sera l'issue de leur choix présent dans 50 ans pour notre jeunesse. Malheureusement, la civilisation sait se glorifier de ses triomphes, se répentir tardivement de ses erreurs mais ne sait jamais vénérer ses retenues salvatrices. Le NON à cette constitution (et au Traité de Nice) a une forte probabilité d'être un bienfait pour notre humanité même si son effet positif est oublié en 2055.
Rédigé par: gerard | 05 mai 2005 at 00:11
Merci pour ce sujet. Il nous ramène encore et toujours à cette question : qu'est-ce que la richesse et comment la partageons-nous ?
Quand j'entends que seules "les entreprises privées créent de la richesse", je me marre un peu. Je m'interroge sur le siège de la richesse. On peut s'amuser à comparer la richesse créée par le pompier qui vient dans les 8 minutes extirper un morceau de pain des poumons de ma nièce de 2 ans, et celle créée par les épaves ambulantes sous pavillon illisible qui transportent le pétrole prélevé par Total dans les tripes de notre Terre à tous, et qui éventuellement s'échouent au large de nos côtes.
Dans la comptabilité nationale, sauf si ça a changé depuis mon temps ;-), c'est le 2e qui crée de la richesse, et lui seul.
Vive les embouteillages !… car ils suscitent une consommation d'essence qui elle-même stimule l'activité d'extraction de pétrole et le commerce dudit. Youpi !
Où est la richesse là dedans ? On a tous envie d'un autre modèle, même les vieux mais ils ne savent pas le dire.
Vous me répondez cliché ou caricature ? Je parle juste de ce que je ressens. Et je m'appliquerai à ce que ce soit cette vision-là qui triomphe : vivre ensemble, et bien.
Rédigé par: Caroline | 06 mai 2005 at 22:46
Salut Laurent,
J'ai longtemps penche pour le oui, tes arguments ne sont pas super mais cette semaine, Blair comme Bush a ete reelu malgres une large hostilite des britanniques a la guerre en Irak. Voila pourquoi je voterais NON au referendum.
Rédigé par: fabrice | 07 mai 2005 at 05:08
J'attends toujours les perspectives d'avenir d'Antoine mais cela semble difficile à obtenir à moins qu'il soit parti en long week-end avec les économies qu'il a réalisées en achetant des produits importés bon marché!
Antoine est comme Simone Veil qui entre parenthèses outrepasse son dévoir de réserve compte tenu de son rôle. Mais c'est cela l'outrecuidance du pouvoir. Elle nous a expliqué dans une récente intervention télévisée que des Français avaient encore le souvenir de membres de leur famille qui ont été victimes des dernières guerres fratricides et que l'élargissement de l'Europe ne peut être que porteur d'espoir pour renforcer la fraternité entre les peuples.
Elle joue bien sûr sur la corde sensible en affirmant que le rapprochement des peuples est un point très positif qui aurait évité des millions de morts si celui-ci avait pu se faire bien avant. Mais rien n'interdit dans cette constitution que des nations qui enregistrent une forte diminution de leur niveau de vie se rangent derrière des idées nationalistes persuasives et sortent de l'Union pour développer d'autres thèmes déja tristement vécus. Donc OUI à l'union mais pas dans la béatitude. Une prise de conscience des développements économiques actuels doit émergée de nos gouvernants et dans l'état actuel des choses, seul un NON pourra arrêter cette optimisme inconscient et mal fondé.
Quant à Fabrice, c'est sûr que dire NON n'a jamais été une attitude très positive mais parfois un bon NON avec un retour douloureux à la réalité du terrain vaut mieux qu'un OUI mal sassuré.
Rédigé par: gerard | 07 mai 2005 at 14:44
Pourquoi Powell qui a eu la lachete de demissionner a dit recement devant la presse allemande qu'il etait l'homme qui avait presente le dossier aux Nations Unis et qu'il devrait vivre le restant de ses jours avec ca ?
Construisons l'europe de Villepin-Fisher-Verhofstadt et Zapattero car sans convictions, c'est la barbarie qui nous attends !
Rédigé par: T.Blair & J.Straw | 08 mai 2005 at 07:27
Le vote approche et je suis complétement largué ici :-)
Rédigé par: Hicham | 10 mai 2005 at 08:10
Conflit de génération ou pas, voilà 6 jours que j'attends l'argumentation complète d'Antoine sur le question posée par Laurent, à l'origine, dans ce topic. Que sera l'Europe dans 50 ans si le OUI l'emporte ? Sous-entendu le libéralisme effreiné n'est pas sanctionné et il externalise tout ce qu'Antoine qualifie de non valorisant en commençant par le textile. Je souhaite que ce jeune homme explique à l'auditoire jeune et moins jeune ses vues et perspectives dans ce contexte.
Je donne à titre d'information et sans prétention une petite leçon simple d'économie-politique. Si les forces vives d'un pays gagnent moins d'argent parce qu'une concurrence faussée leur prend progressivement leur travail, elles ont bien entendu toujours des besoins mais ne peuvent plus les satisfaire. Par effet de boules de neige, toute la chaîne économique impliquée dans les échanges commerciaux s'appauvrissent également et doivent se contraindre à faire des économies voire à licencier pour survivre. Par cette démarche, on creuse son trou, cela s'appelle la paupérisation d'un pays, d'une civilisation. Lorsque l'on a connu l'abondance et que la misère peut frapper à la porte, un jour on se révolte en déplaise à Mme Simone Veil qui croit que vivre la main dans la main et se sourir suffisent pour rendre tout le monde heureux à vie. C'est de la béatitute. Pourtant elle devrait savoir de quoi l'homme est capable !
Rédigé par: gerard | 10 mai 2005 at 22:17
Pauvre Gérard, j'ai bien peur que tu n'obtiennes pas de réponse. Je me lancerais bien à te faire un petit scénar, le problème c'est que en cas de oui (ou de non d'ailleurs), ma description de l'avenir ne ressemble à un de ces film de science fiction un peu noir. Pas aussi effrayant que le Cauchemard de Darwin, mais presque.
http://linuxfr.org/2005/03/17/18524.html
Rédigé par: Joël | 10 mai 2005 at 22:43